Le 8 février 2012     Twitter   Twitter  

Migration des entreprises en dehors de Bruxelles : les FDF proposent des pistes pour enrayer le phénomène

Emmanuel De Bock et Serge de Patoul

Comment se porte l’économie bruxelloise ? A en croire l’Olivier et le ministre de l’Economie Benoît Cerexhe, Bruxelles n’aurait rien à envier aux autres Régions. Pourtant, tout n’est pas rose dans le monde économique bruxellois et il n’y a certainement pas lieu de se réjouir.

Ainsi, l’analyse de données objectives issues de statistiques officielles démontre, par exemple, que depuis plusieurs années, la différence entre le nombre d’entreprises qui viennent s’installer à Bruxelles et celles qui décident de quitter la capitale est nettement défavorable à notre Région.

En effet, entre 2007 et 2011, Bruxelles a perdu plusieurs milliers d’entreprises au profit, notamment, de la Flandre et la Wallonie. La présente étude a pour ambition de donner la juste mesure de ce mouvement particulièrement inquiétant. Ce n’est qu’en identifiant de manière précise la perte d’attractivité de la Région bruxelloise qu’il est possible de changer son fusil d’épaule et mener des politiques permettant aux entreprises bruxelloises de rester à Bruxelles et de continuer à jouer le rôle de moteur de la croissance économique de notre capitale.

Derrière ce bilan inquiétant de la politique économique de l’Olivier, les FDF déposent des propositions pour stopper l’exode des entreprises et répondre aux nouveaux défis qui attendent Bruxelles. Car au-delà de ces migrations et des pertes fiscales afférentes, ce sont des milliers d’emplois qui sont perdus chaque année et des milliers d’emplois qui se délocaliseront dans les prochains mois si la Région ne réagit pas. Un cercle vicieux à enrayer de toute urgence.

Sur base d’une étude chiffrée (lire dans le document ci-dessous), les députés Emmanuel de Bock et Serge de Patoul ont identifié 4 axes d’actions prioritaires.

- Sortir du fédéralisme de combat qui pénalise Bruxelles

  • A l’instar des habitants, les entreprises ne connaissent pas de frontières à l’intérieure de l’Etat belge. L’extension des villes est un phénomène observé partout dans le monde. Naturellement, une ville s’étend à travers le développement de ses activités. D’où l’importance, lorsqu’on est institutionnellement enfermé dans un territoire (19 communes) qui ne correspond pas à la réalité socio-économique, d’évoluer dans un fédéralisme de coopération. Or, les mécanismes mis en place par la 6e réforme de l’Etat consacrent un fédéralisme de combat, d’opposition entre les Régions (concurrence fiscale). Le projet de zone métropole urbaine fonctionnant sur base volontaire est un leurre. Il suffit d’observer ce qui se passe au niveau de la création des futurs pôles commerciaux au Nord de Bruxelles pour se convaincre de l’incapacité des Régions de coopérer efficacement. Seule la concurrence domine.

- Métro : sortir de l’immobilisme

  • La mobilité est une donnée essentielle pour le développement économique. Pendant dix ans, par idéologie, le projet de développement de lignes de métro a été complètement bloqué. Or, pour favoriser les transports des travailleurs vers les entreprises, des entreprises vers leurs clients et des clients vers les entreprises, seul le métro offre une alternative crédible. Il faut rappeler qu’au départ, 5 lignes de métro avaient été prévues. Il n’y en a que 2 aujourd’hui et les boucles sont imparfaites. Aujourd’hui, les FDF réclament des perspectives concrètes et un calendrier d’investissement précis. Il faut impérativement sortir de l’immobilisme pour ne pas vivre avec le développement du métro ce qu’on vit depuis 20 ans avec le projet RER.

- Augmenter le fonds de compensation fiscale

  • Le Gouvernement bruxellois a créé un fonds de compensation fiscale pour stimuler la suppression de taxes au niveau communal sans pertes de recettes pour les entités locales. Il faut poursuivre dans cette voie en augmentant les moyens versés dans ce fonds afin de diminuer l’écart entre Bruxelles et sa périphérie. Toutes les enquêtes démontrent que les entreprises ne sont pas contraires à la suppression de multiples aides directes microscopiques si on utilise ces moyens pour diminuer la pression fiscale à travers le fonds de compensation fiscale. Il faut entamer le débat de l’harmonisation de certains impôts communaux. Il s’agit, dans le respect de l’autonomie communale, d’augmenter l’attractivité des 19 communes et de susciter les effets-retours sur l’emploi des Bruxellois !
  • Il est également impératif de simplifier considérablement les procédures administratives (ex : l’aménagement du territoire) qui pèsent sur les entreprises et de sortir définitivement de cette dérive bureaucratique qui reste aujourd’hui très présente, tant pour les particuliers que pour le monde de l’entreprise.

- Primes à la vie chère : augmenter l’abattement fiscal

  • Habiter ou travailler dans une ville comme Bruxelles nécessite plus de moyens. Cette tendance s’observe dans toutes les grandes villes et relèvent de faits objectifs (le coût du foncier en est le meilleur exemple). Pour pallier ces effets, il faut impérativement réfléchir à la mise en place de mécanismes fiscaux qui permettent à celles et ceux qui habitent la Capitale de bénéficier d’une « prime à la vie chère » à travers un abattement supplémentaire.

Découvrez ci-dessous l’analyse complète des députés FDF :

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Conférence de presse

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