Le 18 mars 2010

Décret inscription : la majorité PS-cdH-Ecolo abandonne les écoles francophones de la périphérie

Caroline Persoons

Lors des débats qui se sont déroulés ce 17 mars au Parlement de la Communauté française sur le nouveau texte du décret inscription, les députés Caroline Persoons et Didier Gosuin ont émis de vives critiques et ont à nouveau plaidé vigoureusement pour qu’on amende le texte afin de redonner une existence aux écoles francophones de la périphérie. En vain… Malgré les nombreuses critiques portées par l’opposition MR-FDF, le décret a finalement été adopté majorité contre opposition. Les Fédéralistes démocrates francophones regrettent vivement l’adoption de ce décret qui met en péril l’égalité de traitement entre tous les enfants qui suivent l’enseignement en français respectant les programmes et l’inspection de la Communauté française.

En effet, paradoxalement, alors que tous les partis francophones se battent contre le décret flamand visant à soumettre les écoles francophones de la périphérie au contrôle de l’inspection flamande, alors que tous les partis francophones ont voté à l’unanimité la décision d’introduire un recours en annulation contre ce décret flamand, le projet de décret inscription ignore totalement les 3.000 élèves francophones de la périphérie.

Inutile de calculer les fameux critères – déterminés dans ce décret – pour ces élèves, puisque l’indice composite des enfants scolarisés dans les écoles francophones de la périphérie ne pourra être calculé avec précision. Ils se verront dès lors attribuer « un indice composite dont la valeur est la moyenne pondérée des indices composites des élèves à classer et pour lesquels cette valeur est connue ». Cet indice moyen sera octroyé à tous les enfants qui n’ont pas été scolarisés dans un enseignement de la Communauté française d’où qu’ils viennent, avec pour conséquence que les élèves de la périphérie sont mis sur le même pied que les enfants qui suivent les programmes de la Communauté flamande ou ceux venant de l’étranger. Voici une situation bel et bien discriminatoire !

Afin de remédier à cette lacune, les députés FDF ont déposé un amendement qui tient compte de la situation des élèves des écoles francophones de la périphérie, pourtant envisagée lors des précédentes versions provisoires du décret. Cet amendement avait pour objectif de rétablir une égalité de traitement entre enfants qui suivent les programmes de la Communauté française et d’assimiler les écoles francophones qui relèvent de l’inspection de la Communauté française avec celles organisées ou subsidiées par cette Communauté. Cet amendement a malheureusement été rejeté. Les FDF déplorent ce choix de la majorité actuelle qui est préoccupant pour l’avenir des écoles francophones de la périphérie.

Les députés FDF ont également rappelé que fin août/début septembre, la presse a annoncé que le projet de la ministre Simonet prévoyait une priorité pour les élèves issus des écoles francophones de la périphérie. Une priorité qui a bel et bien disparu du projet du gouvernement Olivier et, avec elle, toute reconnaissance de ces écoles.

D’une priorité au… néant. Est-ce là la seule considération que la majorité PS-cdH-Ecolo porte aux écoles francophones de la périphérie ? On ne peut hélas que le constater !

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